Comme à l'accoutumée, un vol de vœux simagre aux lisières de nos agendas. Etourneaux étourdis boudant soudain l'année vieillie, percluse, trouée, à jeter aux orties parce que, forcément, elle nous a déçu, et ce avec une remarquable application. Et l'autre la nouvelle, qui vagit, avec un kharma déjà lourd de trop d'échéances cruciales inutiles, d'espoirs, de craintes et de saloperies qui n'en finissent pas. Qui la bichonne et surveille ses premiers pas ? qui va l'empêcher de virer délétère comme celles qui l'ont précédée ? Noël retourné au coltard, c'est la danse des Pères Souhaitards. Pendant ce temps-là les Balkany font leur pelote, et les consorts aussi ! Ces rituels arithmétiques pour faire mumuse en musique, tous en chœur et en cœurs. On fera les pontages après. Au fond de la caverne, ce sont des nombres qu'on se projette, accrochés chiffres molles. Le boulier serait-il le jouet préféré du lemming ? Que turgescent les langues de belles-mères, que s'encônent les coiffes, et une petite chenille pour couronner tout ça ! Retrouvons nous sous le gui ! Houx est le gui ? Nous sommes des survivants. Chaque année. Auxquels on impose ce grigri pour faire semblant d'y croire. Parce que croire c'est créer si on s'y met, si on ne se contente pas de la happy veulerie qui, lorsqu'elle échappe aux mangeoires à images, est une façon plutôt sympa de dire à ceux qu'on aime que leur santé et leurs succès font partie de notre santé et de nos succès. Que ça nous importe. Qu'au travers des frontières, des couleurs et des clivages, on se sent un chouïa concerné par notre devenir collectif.

Les vœux c'est écume et nique.

En quelque sorte.

Bien à vous

PP