Est-ce qu'il est revenu le temps des amoks ?
Où de pauvres types mettent fin à leur vie avec tout un stock de pékins, d'innocents embarqués dans la foule
Avec ce gout du sang drapé dans des bannières, des drapeaux... ou rien
Voici venu le temps de l'ubérisation des guerres
Des massacres amateurs quasiment pour du beurre
Nous qui dormions sous des couettes sécuritaires
Nous auxquels on vendait des chaussettes à bas-coût
Qui rêvions d'une mondialisation qui ne servirait que nous
Voilà qu'en prime elle nous transbahute tout le lot de misères
Qui se cachait dessous
Voilà qu'ils émergent en plein jour les déséquilibres et les déséquilibrés
Et le prix de la vie qui a tant baissé croyons-nous
Nous tellement éberlués qui considérons comme normal de dépenser
De quoi nourrir cinquante villages pour prolonger une existence de France
Contre son gré
Voici que nous découvrons les différences d'échelles et de voleurs
Voilà que notre salariat petit à peu se meurt
Voilà qu'on nous réclame notre livre de chair
Nous qui croyions tout avoir pour pas cher
Nous désormais funambules sur le fil d'une civilisation qui meurt
Tueurs et braillards rugissant en dessous
Nous, à merci d'un pogrom ou d'une ratonnade
Retenus comme nos souffles, hésitant
Essayant de conjuguer nos intelligences
Pleins d'envies et d'élans affamés de changements
Coincés dans l'impuissance de ceux qui nous gouvernent
De ceux qui font semblant
Alors que nous pouvons et c'est là qu'on se berne depuis bien trop longtemps
Infiniment plus qu'eux
Si on bouge si on s'ouvre si on se cramponne collectivement
A notre ciel commun

Sans être tous d'accord, en désordre, dans un parfait bordel. Mais résolument respectueux de nos différences

C'est ce que je veux croire.

PP