Il était une fois un Sultan qui voulait marier sa fille.

Maints prétendants se présentèrent, nobles, riches, mais elle n'en voulait pas et le Sultan, qui l'adorait, désespérait. Survint un roturier, Hassan, qu'elle sembla agréer.

« Tu me demandes ma fille mais que peux-tu me donner en échange, qui n'es ni riche ni noble ? » demanda le Sultan. « Ma vie. Oui, je veux risquer ma vie pour l'obtenir, si tu me donnes une chance. » répondit Hassan, fervent.

Il fut donc convenu que le lendemain, deux papiers seraient proposés au prétendant, l'un avec le mot « Mort » et l'autre le mot « Vie » et que, selon ce qu'Hassan choisirait, il aurait la princesse ou mourrait sur le champ.

Mais le soir venu, le Sultan se mit à se dire qu'il avait été trop bon, qu'avec un peu de patience un prince pourrait se présenter et qu'il risquait une mésalliance qu'il pourrait regretter. Il s'en ouvrit au Grand Vizir qui, sans le moindre scrupule, lui conseilla de faire écrire « Mort » sur les deux papiers.

De son côté, Hassan, pour amoureux qu'il était, réfléchissait aussi.

Que feriez-vous à sa place ?

Le lendemain, il se présenta au palais, entra dans la salle d'apparat, où, en présence du Sultan, de la Princesse… et d'un bourreau, lui furent présentés deux plateaux portant chacun un petit papier. Il salua cérémonieusement, regarda la princesse dont le cœur battait fort, puis, sans hésitation, se dirigea vers un des plateaux, y prit le petit papier et, sans le regarder, le roula en boule et l'avala.

« Très noble Sultan, j'ai fait mon choix. Il est en moi, bien enfoui. Si tu veux savoir ce que je n'ai pas choisi, lis ce qu'il y a sur l'autre. »

L'histoire ne dit pas ce qu'il advint après…

J'aime ce conte car il est riche d'enseignements: - les puissants trichent toujours, quelque soit le discours mais il y a toujours manière de sortir des logiques mortifères. L'affrontement belliqueux n'est souvent qu'une façon de les servir et de s'y enfermer.

Meilleurs vœux (donc choix) pour 2016 !!!

PP