Deux grands danseurs viennent de mourir, qui ne frayaient pas dans les mêmes eaux, mais deux stars, chacune à son niveau. Ce qui n'empêchera pas le monde de danser, ou plutôt de s'agiter.

Danser, c'est donner du sens à la gesticulation, interpréter le monde, le finir, l'infinir avec ce matériau de base: le corps.

Danse des corps dressés en Iran et autour des entreprises qui dégraissent, des corps-culbuto en burqa, danse de st guy des politiques, danse des corps au bout d'une corde, sans sol, danse de la routine et de l'accablement, danse du plaisir de se retrouver, danse de la tendresse et de la séduction, danse de la colère et de la répression, danse frottée du métro, danse assise des autos, danse des frimes et des fiertés, danse déprime et dégonflée, ainsi danse, incidence, dense ou pas, chacun marchant à son pas, le monde des bipèdes, pour s'étourdir ou supporter ce monde qui valse à en mourir.

Entre danseur et penseur, il y a un "p" de travers, ou un "d" à l'envers, un "a" qui marche sur des "e", un "euh" qui se fait "ah!".

CQFD tout de go: c'est kifkif bourricot!

Pierre P.