Plus ça va et plus nous ressemblons à l'empire romain finissant, avec les gueux qui marnent ou crèvent tandis qu'une caste de nantis surprotégés du larefeuille et qui ne branlent pas grand chose s'esbaudissent de fiesta en fiesta, hier Cannes (orgie à prétexte cinématographique), aujourd'hui Rolland-Garros (pince-fesses à prétexte de montée au filet), demain autre chose... Mais comme nous avons la chance de vivre en démocratie, le bon peuple peut vibrer aux excès de l'élite grâce à la petite lucarne ou en rejoignant la cohorte des chasseurs d'autographes transis qui donnent à ces débordements la dimension d'un culte. Le monde est formidable.



Il n'y a que la politique, malgré les efforts méritoires de certains et certaines, qui ne parvient pas à être vraiment sexy (tout du moins de ce côté de l'atlantique). La politique française est aux grandes fiestas médiatiques ce que "Nous deux" est à "Gorges profondes": on reste dans les bonnes manières et on constate que "chouchou" passe nettement mieux sur les ondes que "pov'con" ou même "je te vois S." (Heureusement que la regrettée Bernadette Soubiroux n'a pas proféré une telle ineptie à Marie! qu'est-ce qu'elle se serait pris !).

La palme d'Or de la meilleure actrice tout récemment attribuée à Charlotte Gainsbourg - qui s'est vraiment donné du mal - entre en belle résonance avec ce que nous vivons ainsi ensemble: le masochisme se porte bien.

Portez-vous bien itou.

PP