L'hiver météorologique, à petits pas, semble envisager un retrait de la scène climatique. Il laisse derrière lui un paysage cataclysmique, surtout en Aquitaine, qui va profiter du reste de l'année (voire des suivantes) pour panser ses plaies.

L'hiver financier, quant à lui, est très loin d'envisager de se retirer. Il fait encore très froid dans les bas de laine.

On ne parlera pas d'hiver politique, même si n'ont pas manqué bourrasques et de tempêtes, grèves et diktats, déclarations et contre-déclarations, sommets et manifestations. Malheureusement ce n'est pas une histoire de saison.

Le petit éléphant et sa troupe (sa trompe?) secouent allègrement le magasin de grosses porcelaines.

Soyons juste, du côté des TOM, ils n'ont rien provoqué, juste rien vu, rien compris, rien anticipé, pas bien pris la mesure de l'incendie qui couvait. Des pompiers comme ça, on en change vite fait, aussitôt que possible.

C'est pourtant le rôle du pompier, prêt à rendre sa salubrité à tout l'appareil d'état, qu'il s'est arrogé, le petit éléphant.

Prétendant rationaliser la recherche, l'enseignement, en gros l'intelligence, avec toujours cette même technique: une idée préconçue, un colloque, un entretien, un sommet ou une commission pour faire semblant de l'accoucher et un décret (voire une loi) dans la foulée.

Avec la communication pour faire la vaseline.

Non pas qu'il ne faille rien changer.

Pour saisir le malaise, l'éléphant est champion, le problème viendrait plutôt de ses potions. Une panacée héritée du docteur Diafoirus et du docteur Doxey (in "les aventures de Lucky Luke") réunis.

Du côté de la justice, Dati a fait son taf. Exit. Et on lâche les chiens sur cette arriviste qui a surtout le grand tort de venir de si loin.

Du côté de l'économie, on purge d'un côté et sous perfusion de l'autre. Sans vouloir revenir sur ces décisions inopérantes et aggravantes que sont la loi TEPA.

Du côté de l'enseignement, le ministre s'est retiré prudemment, reste Pécresse pour se fader les vagues.

Du côté de la culture, Albanel n'est plus qu'un fantôme d'elle-même. Le chateau accouche d'une commission virtuelle dont le seul mérite aura été, à ce jour, de permettre à Jacques Blanc de faire l'article sur france Info à une heure de grande écoute.

Du côté de la santé, ça sent le champ de ruines, nos futurs toubibs et thérapeutes allant de plus en plus se former en Roumanie et Belgique, si nombreux sont ici les obstacles et chausses-trappes à leur formation ici.

Du côté des institutions... ça y est on y est! Personne ne niera que l'instauration des régions avait fait, en son temps, l'objet de bien des calculs. Sauf qu'à l'époque, ces calculs avaient été -un tantinet- partagés. Personne ne niera que la multiplication des étages du millefeuille électoralo-administratif fait un chouïa désordre et gaspillage de précieuses énergies. Pour autant, nous avons besoin d'élus de toutes sortes et de représentations assez larges. Dans le cadre de l'Europe et de la démocratie, tout ça se réfléchit. Au lieu de ça, - et rien ne laisse à penser qu'il en sera différemment au regard de ce qui a été fait avant -, nous nageons dans un théâtre d'ombre assez caricatural, où les cris d'orfraie que poussent les élus de tous bords passent pour ce qu'ils ne sont pas tous forcément: des récriminations de gamelle.

L'entreprise et les entrepreneurs sont, il le clame haut et fort, une référence pour notre président qui les aime et admire. Nul doute que sa noble ambition soit de faire de la France une entreprise dynamique et performante, à l'instar de ses amis haut placés. Là-dessus nul procès. Sauf qu'il y a un hiatus: l'état n'est pas une entreprise et la nation pas une assemblée d'actionnaires. La nuance -négligeable, certes- qui les en différencie tient en ce simple mot: la démocratie.
Nuance qui semble, jour après jour, le cadet de ses soucis.

    * On a vu Taubira, récemment, amener sa sagesse et sa fougue -qui
      sont incontestables- dans quelques débats, elle qui fut ostracisée
      en 2002, accusée -à tort- d'avoir fait perdre Jospin. Cette
      femme-là est pourtant la seule, à ce jour, qui pourrait donner à
      la future présidentielle du panache et de l'espérance. Taubira
      présidente! Yes we can too!
    * Les élections européennes qui se profilent à l'horizon menacent
      une fois encore de se trouver détournées de leur vrai sujet. Face
      à la déconfiture du capitalisme financier on aimerait bien
      pourtant que soient reconsidérés un certain nombre de ses crédos
      libéraux et que soit envisagée -ça serait très utile-
      l'éventualité d'un service public européen. Qui en parle ?
    * On appréciera la fougue avec laquelle les médias se sont
      précipités sur une opposante à la grève en Guadeloupe -femme qui
      n'en pouvait plus et braillait sa misère - pour fournir un peu
      d'espace à un pouvoir qui se trouve par ailleurs bien coincé. Des
      dommages collatéraux à tout mouvement social, il y en a toujours.
      A quoi servent les médias ?
    * Et on appréciera que l'Elysée se montre une ANPE à ce point
      efficace pour le recasage des copains. Mais je suis saisi d'une
      forte envie de faire transiter mon compte à la Caisse d'Epargne
      vers une autre taule. Faudra-t-il invoquer la clause de conscience ?*

et les navets vont...

Pierre Prévost (Acidu)