Les catastrophes sont parfois des chances. Chances de changer quand changer, on le sait, est toujours douloureux. Quand la douleur est là, autant en profiter. La crise financière nous a libéré d'un corpus de raisonnements vérolés, d'arguments escroquants, de credos carcéraux. Avec, en bonus, la venue d'Obama. On attendait, du coup, d'autres pensées, réponses, perspectives pour faire bouger les lignes et en profiter. Mais mis à part de lui (Obama), on n'a pas vu grand chose sinon des resucées. A croire qu'il est actuellement le seul opposant crédible à notre Nicolas.

Ce qui se passe aux Antilles est peut-être en train de changer tout ça. Ce peuple qui se dresse comme un seul homme, brandissant son créole et son "lyannaj", sûr de lui, exigeant, fier d'être ensemble.

ça fait du bien, un peuple qui se retrouve.

Des lustres qu'il n'osait pas, bien conscient que, chez les voisins caribéens, la situation matérielle n'avait rien de confortable, alors, supportant, et fournissant à la métropole, sans moufter, son lot d'infirmières, de sportifs et d'écrivains de haute volée. Mais quand on y allait, on le sentait bien, le hiatus.

On ne peut créer aucune relation correcte avec quelqu'un qui n'est pas structuré par le respect de soi.

Il grandit aujourd'hui bougrement là-bas. Et on ne peut que s'en réjouir.

Et puis voilà en outre que Neufs intellectuels Antillais nous jettent à la face un texte magnifique, une envolée radicalement nouvelle, qui rassemble une grande part de ces concepts qu'on avait esquissés, espérés. Lisez-ça, ça nous ressemble formidablement et ça ouvre la fenêtre d'un coup, brusquement.
le-manifeste-des-neuf-intellectuels-antillais

Vous m'en direz des nouvelles.

Le noir deviendrait-il la couleur de l'espoir ?

Pierre