Acidu Actus

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mardi, mars 29 2016

chant je mens

« Le changement c'est maintenant » comme disait l'autre… Un changement dont on n'a pas vu de glorieux effets jusqu'à maintenant. Et pourtant, nous avons changé, nous changeons, imperceptiblement, dans nos modes de consommation, de collaboration, de prétentions… Avec de jolies petites surprises à la clef, telle la baisse sensible des bénéfices de certaines multinationales pernicieuses, telle l'étiolement des « mandarins » dans le monde hospitalier, où l'on se consulte beaucoup plus souvent en fonction de ses spécialités, à l'horizontale.- Le patron omniscient a remisé sa superbe pour tirer parti de tous les savoirs autour de lui-. On a même vu des infirmières faire appel à des guérisseurs, coupeurs de feu, magnétiseurs pour faire face à l'urgence…. Telles dans l'Education Nationale, ces expériences très réussies d'intrusion de la pédagogie Montessori dans des quartiers sensibles, pédagogie qui repose en partie sur des rapports de collaboration inter-élèves, de maîtrise de ses propres rythmes, de liberté de se déplacer et de choisir ses centres d'intérêts, tellement efficaces et épanouissants qu'on se demande bien pourquoi, hormis la pression des lobbies, ça ne se développe pas comme une trainée de poudre . Bref, les « autorités » et les schémas autoritaires de tous acabits prennent, face à des échecs qui ne cessent pas, un coup dans l'aile. De plus en plus, s'impose la nécessité (et l'envie) de co-construire, de co-décider, de partager…

Est-ce que par hasard on aurait appris la modestie ? La profusion des réseaux et des échanges réticulaires nous transforme-t-elle ?

Internet et ses milliers de portails, de blogs, de commentaires divers génère un confusionnisme indéniable mais crée par ailleurs des champs de connivence surprenants. Tels qui sont totalement opposés sur certains domaines, se retrouvent dans un même combat pour d'autres. Nos clivages ont glissé, glissent encore, perturbant ainsi les tenants de l'ordre ancien, porteurs des valeurs du XIXème ou du XXème siècle, qu'ils soient de droite, de gauche ou d'extrême gauche. Chaque jour on mesure le fossé, on constate le décalage entre leurs cadres d'analyse d'hier et les réalités beaucoup plus mouvantes, fragiles , cruelles et passionnantes, avec lesquelles nous sommes amenés à improviser pour mener nos vies dignement. Sans compter les tenants d'un ordre archaïque, pauvres victimes de cette vieille escroquerie du « c'était mieux avant, quand on était entre nous, tous dans le même camp, sur le même rang, beuglant les mêmes slogans » qu'on retrouve pour la plupart sous ce sigle auquel il ne manque qu'un « i » central pour révéler le destin qu'il nous prépare.

Nous régressons mais nous avançons. Paradoxal mais réel. Même si, tous seuls, nous avons l'impression de faire du sur-place voire de reculer, nous progressons, nous nous modifions pour le pire parfois, pour le meilleur aussi. D'où un décalage patent avec nos dirigeants politiques et économiques (et pas seulement) qui nous brandissent éperdument leurs bréviaires désuets, s'inquiètent pour leurs insupportables prébendes, limitent les paroles iconoclastes, bref, pataugent à côté de la mare, tout cramponnés qu'ils sont à maintenir le monde tel qu'il les a fait, et la répartition des richesses et des pouvoirs qui en découle. Le grand hiatus. La frustration est le moteur de l'Histoire. Elle n'est pas loin de son maximum.

Même dans notre domaine ça bouge. Je ne parle pas de cette baisse constante des budgets territoriaux qui, outre les barons qu'elle dérange dans leur faste créateur, décourage un tas de modestes acteurs qui s'emploient avec des bouts de ficelle à créer jour après jour du vivre-ensemble, du festoyer-ensemble, du rêver-ensemble… ça c'est du subi, du déprimant, du recul. Non, je parle de ces hiérarchies solidement installées dans nos compagnies depuis des décennies, autour de la /du directrice/teur artistique, qui évoluent doucement vers autre chose ; du retour au collectif. C'est ce qui se passe actuellement chez Acidu. Sur les cinq projets qui doivent irriguer notre devenir artistique dans les prochaines années, trois émanent de comédien(ne)s et sont portés par lui/elles. C'est réjouissant. C'est excitant.

Deux de ces créations : les SŒURS PETALES & NAGEUSES SUR BITUME sortiront officiellement pendant le mois de mai, mais les Nageuses sur Bitumes feront une apparition en avant-première sur PLACE LIBRE, ainsi que notre nouveau dromadaire de bois qui sortira sous deux avatars : la Caravane du Désert et le Dromadaire de l'Espace… PLACE LIBRE c'est notre grand rendez-vous du mois. Un évènement sorti de nos cervelles et que nous portons à bout de bras…

   A propos de partage…. Voilà une belle occasion, avec un tas de compagnies de renom.
   Bien à vous
   PP

vendredi, janvier 15 2016

FEU 2015...

... et feues nombres d'illusions.

Le monde et les valeurs sur lesquelles nous nous sommes construits donnent l'impression de se barrer en quenouille et pourtant! c'est maintenant qu'elles sont importantes. Une année pour ne pas perdre la raison, ni l'enthousiasme, ni une indéfectible croyance en l'humanité. Si moral et morale foutent le camp en même temps, quel avenir nous attend ?

La balle est dans notre camp depuis longtemps. Nous avons cru qu'on pouvait la prêter mais elle nous revient dans le nez. C'est à nous de jouer, de construire, d'inventer et aussi, parfois, de persévérer. Chacun sa méthode et son rythme et ses croyances et ses influences. Je nous souhaite de les mettre en échange, en réseau, en action.

Petits nous sommes, mais , comme dit l'autre, le moustique et la puce le sont aussi. Soyons puce et moustique mais aussi arpenteurs, infatigables chercheurs,architectes et colosses dressés. Notre temps et notre force sont limités, mais pas nos capacités de curiosité ni d'amour, ni de rébellion face à l'injustice.

Je nous/vous souhaite qu'elles grandissent encore sur ce gâteau de 366 jours que nous venons d'entamer.

Pour nous, aujourd'hui est temps d'hivernage avec peu de sorties de nos productions. Mais on en prépare d'autres, toutes fraîches, et on se retrouve bientôt, très bientôt, dès que possible, pour les voir fleurir...

PP

jeudi, décembre 31 2015

Il était une fois

Il était une fois un Sultan qui voulait marier sa fille.

Maints prétendants se présentèrent, nobles, riches, mais elle n'en voulait pas et le Sultan, qui l'adorait, désespérait. Survint un roturier, Hassan, qu'elle sembla agréer.

« Tu me demandes ma fille mais que peux-tu me donner en échange, qui n'es ni riche ni noble ? » demanda le Sultan. « Ma vie. Oui, je veux risquer ma vie pour l'obtenir, si tu me donnes une chance. » répondit Hassan, fervent.

Il fut donc convenu que le lendemain, deux papiers seraient proposés au prétendant, l'un avec le mot « Mort » et l'autre le mot « Vie » et que, selon ce qu'Hassan choisirait, il aurait la princesse ou mourrait sur le champ.

Mais le soir venu, le Sultan se mit à se dire qu'il avait été trop bon, qu'avec un peu de patience un prince pourrait se présenter et qu'il risquait une mésalliance qu'il pourrait regretter. Il s'en ouvrit au Grand Vizir qui, sans le moindre scrupule, lui conseilla de faire écrire « Mort » sur les deux papiers.

De son côté, Hassan, pour amoureux qu'il était, réfléchissait aussi.

Que feriez-vous à sa place ?

Le lendemain, il se présenta au palais, entra dans la salle d'apparat, où, en présence du Sultan, de la Princesse… et d'un bourreau, lui furent présentés deux plateaux portant chacun un petit papier. Il salua cérémonieusement, regarda la princesse dont le cœur battait fort, puis, sans hésitation, se dirigea vers un des plateaux, y prit le petit papier et, sans le regarder, le roula en boule et l'avala.

« Très noble Sultan, j'ai fait mon choix. Il est en moi, bien enfoui. Si tu veux savoir ce que je n'ai pas choisi, lis ce qu'il y a sur l'autre. »

L'histoire ne dit pas ce qu'il advint après…

J'aime ce conte car il est riche d'enseignements: - les puissants trichent toujours, quelque soit le discours mais il y a toujours manière de sortir des logiques mortifères. L'affrontement belliqueux n'est souvent qu'une façon de les servir et de s'y enfermer.

Meilleurs vœux (donc choix) pour 2016 !!!

PP

mardi, décembre 8 2015

Leçon

On apprend plein de choses avec les élections
… L’anathème et la diabolisation ne fonctionnent pas, voire même sont contre-productifs. Reprendre des éléments du programme de l’adversaire pour lui couper l'herbe sous les pieds ne marche pas du tout non plus. Ça fait presque 20 ans que nos libertés régressent, que le tout sécuritaire progresse, que les obstacles administratifs se multiplient, qu’on fait risette au FN, gauche et droite réunis, TOUT ça POUR RIEN ! La clairvoyance de nos dirigeants, -qui, pourtant sont passés presque tous par des grandes écoles que nous avons payées et qui devaient en faire des cadors- ne laisse pas que de m’étonner chaque jour.

Le FN s’appuie sur une idéologie faite de mépris racial et social. Ses cadres sont des calculateurs froids sans aucun respect pour ceux qu’ils séduisent. Le FN est dangereux mais ses ouailles l’ignorent, séduites par des slogans simplistes et des tronches de candidats inconnus qui leur donnent l’illusion d’un renouveau politique alors qu’ils ne supportent plus ces éternels mêmes notables qui gigotent à notre tête depuis des lustres. Un sentiment d’ailleurs largement partagé par l’ensemble de la population qui ne se donne même plus la peine d’aller voter pour eux. Et c’est bien la conjonction de ces deux attitudes qui nous amènent à la situation d’aujourd’hui. Un personnel politique lourdement décrédibilisé qui ne fait ni rêver, ni même espérer et les joueurs de flûte d’une alternance délétère qui fonctionnent à la haine et au ressentiment. On pourrait dire bien des choses de la considération qu’apportent à la démocratie les « partis de gouvernement », jouant avec les règles , protégeant les statuts de leurs élus, et se méfiant comme la peste du débat. Une démocratie où le peuple a depuis longtemps cédé la place à l’Elite, et dans tous les domaines, y compris largement et malheureusement, la Culture. Débat démocratique, intelligence collective, sont gravement déniés au profit d’un chantage au FN dont nous avons soupé. Ils sont pourtant les principes absolus auxquels nous devons nous cramponner en ces temps troublés, même si une odeur de 1930 plane indubitablement : crise, montée des extrêmes, délitement social. En 1930, les partis de gauche ont préféré s’entredéchirer, espérant pour certains que l’effet repoussoir des nazis leur donnerait le pouvoir. En 1930 il n’y avait pas l’Europe, et les puissances d’argent ont choisi leur camp, le pire évidemment. Toute ressemblance avec aujourd’hui est à prendre avec des pincettes.

On peut penser bien des choses de la saga élyséenne de F. Hollande. Le moins que l’on puisse dire c’est que jusqu’à présent, concernant l’apanage premier de sa fonction, le choix du Premier Ministre, il n’a pas eu la main heureuse. Le premier manquait cruellement de charisme. Le second repose sur un choix stratégique qui s’avère aujourd’hui catastrophique. Bravo l’artiste ! Quand l’idéal proclamé cède la place aux calculs mesquins… Le combat politique ne se résume pas à conquérir et garder le pouvoir, il consiste avant tout à faire avancer des idées, les partager et les réaliser. Du coup, le choix de la direction du PS de laisser, dans certaines régions, la place à la Droite pour combattre le FN, s’il pourrait passer pour un acte de panache, tient plutôt du minable lâchage, de la piteuse débandade. Quand on croit à ses idées, on les défend pied à pied, même minoritaire, même dans des conditions inconfortables. Mettre l’électorat en demeure de choisir entre le prédateur notable et le prédateur voyou en dit long sur l’état d’esprit de cette machine brinquebalante qu’est devenue le PS. Même s’ils puent, il faut traiter les élus frontistes en adversaires, dans le cadre d’une démocratie, et jusqu’à nouvel ordre. Se batte. Résister. Convaincre.

Nous avons besoin d’un nouveau contrat démocratique, et d’une gauche qui pense ce qu’elle dit et fasse ce qu’elle annonce. Nous avons besoin que les caciques cèdent enfin la place aux idées, à des énergies neuves. Nous avons besoin d’une gauche qui se réinvente, qui arrête de s’arc-bouter sur des partis et des solutions d’un autre siècle pour inventer les solidarités d’aujourd’hui, une gauche modeste mais déterminée, libertaire, dénuée de paternalisme, fraternelle, ouverte, une gauche qui ne recule pas sur ses convictions, dût-elle perdre des élections. Nous avons besoin de pouvoir avancer et espérer ensemble.

Nous avons besoin qu’on enterre à tout jamais le Mitterrandisme.

Pierre Prévost

jeudi, novembre 19 2015

NON JE NE SUIS PAS EN GUERRE

NON JE NE SUIS PAS EN GUERRE

Je suis en résistance, certainement. A la connerie, au désespoir, à la mort et à la grandiloquence. Et je ne défends pas notre mode de vie inconditionnellement, certainement pas. J'en déplore un tas d'aspects. Je me bats même, comme nombre d'entre nous, pour qu'il soit meilleur, plus respectueux des hommes et de la planète, plus fraternel et plus ouvert à l'autre. Se dire en guerre veut dire que ce n'est plus à l'ordre du jour, qu'il faut lever le pouce, lever des troupes, mener des actions, arrêter, questionner, tuer, mettre en berne la démocratie, abandonner une trâlée de ses droits. Je ne suis pas en guerre. La réponse n'est pas bonne. A la guerre ce sont toujours d'abord les petits, les pauvres qui en chient. A la guerre, on sait très vite ce qu'on perd, la liberté d'abord, rarement ce qu'on gagne, nous les pékins. Je soutiens la lutte de ceux qui ne veulent pas abandonner leur pays à une horde fanatique. Je suis pour qu'on les aide et les appuie, même militairement. Et je suis pour que les forces de l'ordre dont c'est le métier fassent leur boulot. Mais je ne suis pas en guerre.

Est-ce que ces hordes menacent mon territoire ? Non. Nous avons droit à des ambassadeurs de mort qui nous font peur, de pauvres types, manipulés je ne sais comment, qui n'ont même pas le respect de leur vie, qui tuent nos amis, nos frères, pour la simple raison qu'ils sont dans ce pays. Nous sommes devenus otages de stratégies de communication assassines qui profitent à l'envie du tamtam médiatique pour pousser leurs pions et gagner une partie mortifère que nous n'avons ni envisagée ni voulue. Et je me demande ce que nous avons fait pour en arriver là, mais ce dont je suis sûr c'est que nous avons fait quelque chose, dans notre manière de participer à la gestion du monde, à son pillage, à son ordre. Il y a matière à se questionner. Faire la guerre c'est éluder la question en se cramponnant aux réponses qui l'ont créée.

J'ai été estomaqué par l'aise affiché par nos dirigeants dans cette tourmente. Ils nagent sur cette crise comme des poissons dans l'eau. A croire que cette République que nous avons construite n'a pas été pensée pour temps de paix. Aujourd'hui, mis à part quelques gros cons démagogues qui déshonorent leur fonction, les autres, tous les autres, se sentent légitimés, porteurs d'une responsabilité d'autant plus grave que nous sommes « en guerre ».

La guerre justifie le Pouvoir et je n'aime pas ce pouvoir, ni la façon dont il fonctionne.

Le combat n'est pas là.

Et se déclarer en guerre n'empêchera pas que nous l'avons en partie déjà perdu.

Sur le front de l'éducation, de la consommation, de l'environnement, du respect de l'autre, de l'égalité des chances.

Même si le monde entier semble faire les yeux doux désormais au doux climat de France, nous avons tant perdu. Par lâcheté souvent, par inconscience aussi, manipulés beaucoup.

Notre démocratie se fait sur notre dos. La gestion du monde faite par les Grandes Puissances -dont nous faisons partie- depuis la chute du Mur, s'est avérée catastrophique. Qui de nous l'a décidée ? Personne. Qui va payer la note ? Nous tous.

Taïaut, les lemmings !

Guerre contre qui ? Le terrorisme ? Le terrorisme n'est pas une cause c'est un moyen. Un moyen condamné, dégueulasse, mais un moyen quand même. « Terroristes » c'était le nom que les nazis donnaient aux résistants pendant l'Occupation. Daesh ? C'est trop d'honneur leur faire, entrer dans leur jeu, leur donner une fonction et un statut immérités. Guerre contre son ombre ? Oui, c'est bien de cela qu'il s'agit. Tant il est vrai que Daesh et ses confrères incarnent le soleil noir de cette civilisation branlante dont nous sommes supposés défendre les lambeaux.

Non Monsieur le Président, je ne suis pas en guerre. Légitime défense, sans doute. Mais cette déclaration abusive et passablement boursouflée -sauf votre respect- ne fait qu' "ajouter au malheur du monde".

Je suis en lutte. Contre les conceptions imbéciles dont certaines sont portées par mes compatriotes. Contre cette notion qui veut qu'on a raison quand on écrase la gueule à l'Autre. Contre cette vision mortifère et dévastatrice du Monde, comme ce besoin d'avoir toujours en face un Satan pour justifier ses petites saloperies.

Ce que nous devons déclarer in fine, et qui demande un bien autre arsenal que les salves de rodomontades brandies ici ou là, c'est la Paix.

Parce que c'est là et là seulement que notre honneur réside.

Pierre Prévost Citoyen lambda

vendredi, novembre 13 2015

Turlupinade

Ça me turlupine.

   Vous les avez vus sur la Toile ? ces petits films de personnes toutes fiérotes de déchirer en public leur carte d'électeur « le vote c'est fini pour moi. Quelle liberté ! »  Vous les connaissez, vous aussi, ces individus intéressants, passionnants, engagés qui ne votent pas ou plus depuis parfois longtemps ? Moi j'ai toujours voté. Brave petit soldat. Avec des résultats en général décevants. On ne vote pas pour des projets, ni des lois, mais pour des personnes qui sont supposées les initier et mettre en branle mais qui régulièrement trahissent nos envies et nos convictions. C'est vrai que ça épuise, ce marché de dupes.
   Pouf pouf pouf !
   La démocratie représentative fonctionne assez bien dès lors que les citoyens se sentent concernés, sont actifs et unis par un idéal plus ou moins commun, ce qui fut le cas à la Libération ou à la naissance de la Vème république. En outre, la plupart des candidats de l'époque s'étaient construits dans la Résistance, les maquis, ils ne s'étaient pas contentés d'être des élèves appliqués dans la bonne filière à Sciences Po, Normal Sup' ou l'ENA. Leur légitimité n'était pas contestable.
   Même s'ils n'étaient pas tous des cadors, loin de là. Mais quand même.
   Or, dès lors que la démocratie directe consiste à choisir entre le bon élève nageant dans d'autres sphères, le militant professionnel, le carriériste et le démagogue clientéliste brossant dans le sens du poil, elle s'avère devenir le pire des pièges, parce que, chez nous, même si tu te trouves élu par une partie infime du corps électoral, tu te retrouves au pouvoir. Même si une majorité d'électeurs ne veulent pas de toi et l'expriment par vote blanc ou abstention. Parce qu'ils ne sont pas pris en compte tout simplement. A toi après de faire marcher le tam-tam médiatique pour créer l'illusion que tu représentes le pays.
   Escagassant
   Sauf que tu n'as pas vraiment le pouvoir, me dira-t-on. Il y a l'Europe, l'OMC, les lobbys financiers, professionnels et autres. Fatalement tu ne parviendras pas à mettre en branle ce que tu as annoncé, fatalement tu vas décevoir. A cela il existe un remède que nous connaissons bien : le bouc émissaire, le délinquant, l'émigrant, le type pas franc de couleur et d'origine, l' « Autre » en résumé, responsable de tout, qu'on va stigmatiser à outrance et contre lequel il faudra toujours proposer des lois plus répressives jusqu'à l'absurde. C'est dans le manuel du parfait petit démagogue et c'est ce dont nous avons eu une belle idée sous Sarko. Imaginez le bonheur que ça va être, à quelque échelon que ce soit, avec l'avenir qui nous pend au nez !
   Ça me taraude. Pas du tout envie.
   Ce qui pourrait m'amener à hurler : « arrêtez vos conneries ! » Votez au premier tour déjà.  Certes la palanquée des candidatures annoncées fait penser à une liste de demandeurs d'emploi au pôle éponyme, mais parmi ce fatras, il y a des perles, des vrais, des sincères, des novateurs, des associatifs, coopératifs, et peut-être l'esquisse d'un futur Syriza, d'un futur Podemos. Orpaillez, les amis, cherchez l'avenir, cherchez du neuf, votez utopique mais ne laissez pas votre silence être parlé par d'autres, traduit trahi détourné. Entre l'absence de soleil et la nuit, il y a une nuance d'importance. Gueulez mais ne baissez pas les bras.
   Une amie bien malade, cette démocratie, pas fiable, bourrée de défauts, irritante au possible, qu'on voudrait rajeunir, requinquer, embellir, mais pour laquelle on ne pourra rien si on la laisse mourir.
   Ça me déglingue, tiens.
   PP

mardi, octobre 6 2015

Mon pays c'est l'automne...

La France est un pays merveilleux. N'en déplaise aux allégations de ces désagréables réfugiés Syriens qui ont eu le front de considérer qu'elle était bonne à visiter mais pas à habiter. Comme si nous n'étions pas ce phare du bon goût et de la civilisation que le monde entier guigne, comme si nous n'étions pas ce havre de générosité et de valeurs sublimes dont tout humain civilisé a fait son deuxième pays, ce Valhalla intellectuel où règnent à l'envie l'art, la gastronomie et la philosophie, de façon parfois un peu turbulente certes, mais qui n'a en aucun cas abandonné ce goût du dogme qui fait le bonheur des coupeurs de têtes, cet Olympe impressionnant habité par des personnalités extraordinairement hors du commun (quoique parfois de petite taille), cet Eden du dialogue social authentique,- celui qui n'a pas et ne jettera jamais le rideau de fer des acquis sociaux aux orties qu'on se le dise-, cette république dont l'élite marche au privilège, où la règle n'est bonne que par ses exceptions, où chaque élu est roi, ce paradis magnifique du masochisme où la gauche tape exclusivement sur la gauche, où la droite tape sur la droite, les écolos sur les écolos, où le centre se tape le ventre, et où les citoyens piaillent dans la basse-cour, ce pays de tradition agricole dont le principal syndicat défend avec ardeur une politique qui aboutira à la disparition de ses troupes, … Merveilleux, n'est-il pas ?

Ces Syriens n'ont pas de goût. D'ailleurs quand on voit par qui ils se sont laissé gouverner pendant des années: un monstre qui n'hésite pas à lâcher des gaz puants et tuants pour rétablir l'ordre. Pour qui se prennent-ils ? Pourquoi ne restent-ils pas chez eux, à résister vaillamment et en masse, comme l'ensemble des français a si bien su le faire de 1940 à 44, faisant semblant de collaborer pour mieux étouffer la bête immonde ? Mourir sur une plage, ce n'est pas un argument !

C'est vrai, la France est un pays merveilleux, d'une diversité de paysages incroyables, à la langue et à la culture riches et fécondes, aux habitants gentils, ouverts, en grande majorité tolérants, inventifs et souvent passionnants.

Mais… comment dire ? …. parfois l'envie me prend… d'aller faire un tour ailleurs.

PP

mardi, septembre 8 2015

qui échoue ?

Bon. J'ai pas envie de nous taper dessus. Humainement, nous ne serions pas à la hauteur, nous les prétendus champions des droits de l'homme, de l'humanisme, des valeurs de liberté, égalité, fraternité ? La bonne blague! Nous aurions la cervelle rabougrie, l'humeur bilieuse, l'imagination ébréchée ? Tu l'as dit bouffi! Pour être généreux, empathique, ouvert, faut être dégagé. Nous sommes pourtant une trâlée à tenter d'être dégagés, à tempêter, à refuser, mais surtout, dans nos coins improbables, à nous efforcer cahin-caha de faire avancer le mistigri en y usant notre temps et notre énergie. Mais que valent nos petites mélodies éparses face aux aboiements de la meute et surtout de leurs porte-voix autoproclamés ? La nuance fait toujours moins de bruit que la fureur stupide. Qui entend la partition de la confédération paysanne dans le concert de hurlements des affidés de la FNSEA ? qui entend la raison quand hurle l'émotion ?

A quoi sert le mot de"sécurité" sinon a nous faire accepter un recul de nos libertés ? "la défense de l'emploi" sinon à nous faire avaler les entreprises les plus pourries ? la "crise"sinon à nous maintenir dans l'impuissance ? le "terrorisme" sinon à nous faire supporter des politiques indéfendables ? le "pouvoir d'achat" sinon à alimenter la grande machine à vendre n'importe quoi ? et si l'on supprimait ces appellations ? et si l'on refusait d'un bloc les mots lobotomisant ?

J'ai lu un fort intéressant billet récemment sur le grand inconfort pour la "gauche" d'être au pouvoir. ça, pour être inconfortable, la position est inconfortable même si ce n'est pas nouveau. Quand on est supposé être porteur d'espoir, difficile de faire le rabat-joie permanent. Difficile de garder le sens du minerais quand on goûte aux ors de la république. Difficile de comprendre les pékins quand on est de l'élite. On n'attend rien de la Droite sinon de faire un peu semblant. Du coup elle est au pouvoir tout le temps. Pour la Gauche, il en va différemment. Haro sur l'escroc qui revendique le maillot. Illégitime forcément, traitre à nos rêves. Dans le grand concert protestataire "de gauche", on entend fort la gauche socio-syndicale hurlant à l'abandon des acquis sociaux, cramponnée à ses règles et aux quelques privilèges obtenus. Mais qui dira que dans la longue histoire de la Vème république, les syndicats n'ont pas fait que du bon, que certains sont même parfois salement empêtrés dans le dévoiement du service public et sa déréliction ? Qu'entêtés à obtenir un max pour les quelques privilégiés qui avaient de quoi se défendre, ils ont laissé sur leur banc de misère mille et un précaires, qu'en priorisant les grandes entreprises sur lesquelles ils pouvaient agir, ils ont contribué à notre grande faiblesse en PME/PMI ? qu'ils ne représentent souvent plus qu'eux-mêmes, des professionnels pas plus légitimes que la plupart de nos "experts" ? Sans parler des syndicats enseignants, agricoles, patronaux et consort qui ont pesé et pèsent parfois encore lourdement sur le climat. Et, à côté, qui peut croire que nos élus défendent honnêtement nos intérêts quand on mesure les indemnités qu'ils se votent, et les fonds dont ils se maintiennent sans vergogne la disposition à discrétion... tout cramponnés qu'ils sont à leur ambition et leur carrière ? Qui peut croire aux grandes prairies de l'action politique quand elle n'est que le fait d'écuries ?... Et pourtant il y a de vrais généreux parmi les élus et dans les syndicats. J'en ai vu, j'en connais. Souvent discrets.Hantant peu les salles de presse et de com. L'action demande une certaine discrétion parfois. Regardez BHL... Non. Pas la peine.

Le cadavre de ce gamin tellement mignon (c'est important pour l'émotion) sur sa plage, qui a fait chavirer tant de coeurs, j'ai l'impression que c'est le mien, le nôtre. Nos beaux espoirs échoués.

Et je voudrais, je voudrais tellement, qu'il se relève souriant, image de demain, d'un avenir nouveau, partagé, ouvert.

Parce que, répétons-le nous incessamment, rien ne nous oblige au pire.

Rien.

PP

croire à nous

Vouloir croire à l'Intelligence Collective demande une sacrée conviction individuelle. C'est une aventure sans fin, dont les modalités sont à inventer en permanence. Outre le fait que la formule évoque fréquemment, pour l'illustrer, les exemples assez peu séduisants de la fourmilière ou la ruche, une brève incursion dans l'histoire de la pensée t'amène vite à constater que, depuis Aristote et Platon, l'intelligence du monde est supposée appartenir avant tout à une élite éclairée pour des débats dont le vulgus pecus doit être soigneusement écarté. Et notre système éducatif, tout autant que politique, dont le dessein premier est d'élire et de sélectionner, exclut le plus souvent soigneusement la réflexion collaborative et commune.

La rationalisation du monde est avant tout abrasive (gommant les incongruités du réel ou les ignorant) et, d'une certaine façon, tend principalement à maintenir les conditions dans lesquelles elle s'est élaborée et les clivages qu'elle a engendrés. Et donc, d'une certaine manière, la répartition des pouvoirs et des richesses qui découle de ses postulats.

Cette situation s'est maintenue malgré l'émergence d'utopies, toutes trahies, parce que les moyens d'édition, de décisions, d'éducation sont toujours restées aux mains des mêmes courants.

De l'intelligence collective à l'intelligence populaire, il n'y a qu'un pas. L'intelligence populaire n'a été célébrée que pour être détournée, trahie par des oligarchies cyniques, persécutée sous toutes ses formes, écrasement des trouvailles agricoles ou thérapeutiques, langues, coutumes, plantes, biotopes, schémas organisationnels. Derrière la persécution des « sorcières » il s'agissait bien d'annihiler des savoirs épars qui n'étaient pas assujettis à l'ordre dominant et aux pensées qui le sous-tendaient.

Mais de même que l'invention de l'imprimerie a permis de mettre la Bible, et donc le débat religieux, sur la place publique, provoquant ainsi les schismes et disputations que l'on sait, Internet, aujourd'hui nous offre une fabuleuse opportunité pour que l'intelligence collective et populaire, ses trouvailles et ses conceptions, ne soient plus étouffées. On le voit avec la permaculture qui n'est qu'une compilation de mille recettes, solutions, approches discrètes mais décisives, jusque là atomisées, qui ne pouvaient en conséquence partager leur sens et leurs débouchées. On le constate à maints autres titres et dans maints autres domaines. Wikipédia tient de cette idée-là. Etienne Chouard, Michel Onfray, Franck Lepage, entre autres, alimentent cet appétit-là, d'un savoir collectif et populaire, d'une réflexion commune à réinventer en permanence.

A ce titre, on mesure bien l'enjeu politique du trollage sous toutes ses formes, de l'insulte, du mépris, du dédain pour ces pensées qui errent et s'échangent, sans les onctions académiques.

La facilité n'est pas au bout de ce chemin. Le découragement pointe à tous les coins du net. Ou l'abandon du sens critique pour des crédulités crétines.

Oui. Croire à l'intelligence collective, c'est un combat. Essentiel.

PP

vendredi, juillet 10 2015

la vadrouille des castors

Voter n'est pas tout et ne fait pas forcément chanter le monde différemment. Chez nous en tous cas. Le changement c'est un maintenant très virtuel… Quoique le fait d'entendre moins Sarko, Copé, Wauquiez et consort parader sur les ondes à longueur de journée m'a personnellement fait un bien fou. Bref. Mais nos modes de consommation, par contre, ont un véritable poids et constituent un vrai levier. A tel point que d'aucuns ont voulu interdire ou restreindre la possibilité d'appel au boycott (cf la circulaire Alliot-Marie), ce qui constitue un déni grave de démocratie. N'empêche. Dis-moi ce que tu manges, dis-moi ce que tu achètes, où tu l'achètes, comment tu l'achètes et je comprendrai ce que tu penses…

Par exemple, dis-moi où tu pars en vacances.

Si tu vas en Tunisie, je sais que ça ne te coûtera pas gros mais je te tirerai mon chapeau. Ça frise l'héroïsme d'aller aujourd'hui en Tunisie. Mais ils en ont besoin. Tu as une conscience mondiale.

Si tu te pointes en Grèce, c'est que les diktats financiers te titillent, que la rébellion t'attire, que tu veux la soutenir dans son bras de fer européen. C'est bien.

Si tu vas à Orange, à Bollène, au Pontet, à Fréjus et quelques autres villes c'est soit que tu aimes jouer avec le feu, soit que tu serais du genre puant.

Si tu vas à ND des Landes, c'est tout le contraire. Tu as la fibre arnarcho-écologique, tu soutiens, tu veux voir et tu n'as pas peur d'un peu d'inconfort.

Si tu vas en Syrie, je serai très inquiet pour toi, et pour nous. Je me dirai que tu es fou. Et probablement dangereux. Ou alors complètement con.

Bon. Je ne vais pas vous faire un dessin. T'as aussi le droit d'aller voir ta tata, ta mémé, tes amis, de profiter d'un plan, d'aller marcher sur la montagne, plonger dans la mer, respirer le bon air, d'avoir des raisons et des stratégies qui t'appartiennent… T'as aussi le droit de rester chez toi, mais est-ce vraiment un choix ?

N'empêche que quand tu mesures le poids économique que représentent toutes nos petites vadrouilles accumulées, tu te chopes des vertiges. C'est une façon toute simple mais qui n'est pas à négliger de faire entendre ta voix et tes convictions.

Amis donc, parlez !

Et bons vents ! PP

mercredi, juin 17 2015

partance et bloquance

Transhumeur

Vous la sentez venir frémir piaffer la grande transhumance d'été, derrière le joueur de flûte ensoleillé, par air route chemin de fer, parfois croisière, comme une irrépressible envie qui nous saisit aujourd'hui encore plus qu'hier malgré la misère la dèche et les galères et peut-être à cause de… ? Un spasme bien français de lemmings estivants.

Les villes se vident de leurs habitants pour se remplir de touristes. Import-export.

Pendant qu'à nos frontières d'autres voyageurs piaffent, désespèrent et se meurent. Frontex, le chien de garde de l'Europe. 114 MILLIONS d'Euros consacrés à refouler les indésirables puisqu'il est avéré dorénavant que les méchants ce sont les vilains passeurs et qu'il suffit de se recroqueviller derrière nos murs et de nier les autres problèmes. Bon. On veut bien concéder qu'on a quelques responsabilités face aux situations politiques infâmes qui règnent en Syrie, en Afghanistan, voire en Erythrée ou Somalie mais si d'aucun veut se pointer juste pour ne pas crever de pauvreté il peut aller se rhabiller.

On pourrait monter des Club Med démocratiques un peu partout dans le monde, ça ferait de l'air à tout le monde. 114 Millions, ce ferait un beau début de budget. Ou bien mettre cet argent à payer correctement les matières premières et les productions des pays en galère. Si tu ne veux pas que ton voisin lorgne sur ton jardin, arrange-toi pour qu'il soit heureux dans le sien. Ça a l'air d'être une évidence. Ça n'en est pas une. Frontex fait office de préservatif européen pour contenir les hordes grouillantes qui veulent nous envahir, mais en latex à trous, histoire de maintenir la tension, sinon qui videra nos poubelles ? L'occident, cet empire vieillissant, ne trouve pour se maintenir que des remèdes cacochymes, des stratégies de vieillard rempardé dans sa peur. Il est sur sa fin. Nous le savons bien.

A se demander d'ailleurs si cette frénésie de partance qui nous saisit collectivement à chaque été ne préfigure pas une plus vaste débâcle. Une fuite. Qu'aucune couche-culotte ne tentera de maintenir parce qu'elle rapporte…

… un nonosse à son mal-être.

PP

PS: profitez-en bien quand même ! et une pensée pour ceux qui ne pourront pas bouger...:)

mardi, mai 19 2015

à fond de cale et d'ailleurs

Tu les as vus de près, pas pour de vrai, sur ton écran seulement, attachés parqués mourant, paquets de vie abandonnés aux flots, grappes d'hommes de femmes marmots en dérive, et tu as eu pitié mais tu n'as pas compris, toi quand tu veux voyager, tu as d'autres circuits.

Ceux qui se pressent ainsi, c'est pas le peuple élu pas un peuple d'élite, simples individus unis par cette fuite, leur terre qui se délite, la guerre, la misère, l'enfer, qui ne voient pas quoi faire, cherchent une bouée pour surnager, un sas pour respirer, un espoir pour rêver, déchus déçus coincés, tes frères de débine qui se cherchent une issue et toi trou du cul tu ne les as pas reçus.

Sale Europe, Eurosalope à cheval sur sa tirelire en toc qui a exporté ses pauvres sur toute la planète pendant des siècles, qui maintenant se boucle, ferme les écoutilles, se barbelle, se hérisse de toutes ses polices disant on va trier mais qui continue à fourguer sa came d'armes à tous les chefs de guerre, à piller sans manière toutes les matières premières en graissant des papattes pour se les réserver.

A force de tout prendre et de ne rien lâcher, à la fin trou du cul tu vas voir que ça va péter. Tu le sens tu t'en fous tu es du bon côté et pourtant toi aussi tu commences à crever. Dans le peloton de merde des paumés de la terre tu veux rester en tête à téter ta mistoufle, tu fais la diète de ta tête, ta cervelle se serre et ta bile te brûle, pendant que les tireurs de ficelles te les font haïr, tes frères de malheur, tes frères d'ailleurs que tu laisses crever à tes frontières.

Ce que tu as compris, ce qu'on te fait comprendre, c'est que tu fais partie du gâteau que ces morfals guignent, qu'ils viennent pour te mordre, pour te bouffer ta part dont tu sens qu'elle devient si congrue et si rare, alors tu te révoltes et tu les hais si fort, misérables qui veulent te chourer ton trésor. Tu les calcules pas, ils sont juste appétit, dents aiguisées, menace, tu veux qu'on les efface. Tu ne veux plus la voir cette arche de noyés.

Regarde ton histoire et comment tes ancêtres ont migré eux-aussi, poussés par la fringale, chair à canon, chair à boulot, bossant à en perdre le ciboulot, à en perdre son âme, parqués dans des quartiers infâmes, rampant pour quelques bouts de pain. Maintenant tu es sur la touche mais devant ta télé et tu vois ceux qui meurent, qui jouent le même scénar et tu les jettes, les rejettes des fois qu'ils piqueraient des miettes dans ton assiette.

Ton cœur a rétréci mon frère qui ne l'est plus.

   PP

mardi, mai 12 2015

Ils sont de RETOUR

Les JOYES DU MARIAGE REVIENNENT:

  • le 16 mai à 18H à BRETIGNY (91)
  • et le 25 mai à ANGLET (64)
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LOIN DE TROIE de retour à PARIS
  • les mercredis 27 mai, 3 & 10 juin 21H
  • à la PENICHE AABYSSE
  • 3 quai François Mauriac / près du bateau-phare

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vendredi, avril 24 2015

Une petite bouffée de pollen

On ne voit pas le temps passer… le froid le chaud et les arbres fruitiers qui exhibent leurs fleurs sans barguigner. Les adieux magnifiques qu'on a fait à notre président, Père Lachaise, entourés de la foule de ses amis, collègues et admirateurs, l'eau qui a coulé sur nos joues et le show qui gohonne comme le malade qu'il est malgré les baisses, les diminutions, les annulations. Place Libre cette petite manifestation plus ou moins bidouillée mais qui prend sa place doucettement, sous un soleil radieux mais avec un gros vent qui n'a pas balayé la générosité des artistes ni la curiosité de spectateurs, plus nombreux nettement que l'an passé. On ne s'arrête pas. Le temps aboie et nous passons. La Roue Libre concoctée par notre ami Boualem, ce manège à pédales et à écran, s'est posé comme une grosse question sympathique. Avec lui, les inventions de nombreuses compagnies, que nous ne connaissions pas toutes. Que d'émotion mon cher Thierry ! Qu'en faire et damnation ? Les spectacles ont joué, les tentatives ont tenté, les installations ne se sont pas installées, la bibine a coulé et les merguez mergué. Et nous étions quelques-uns en fin de journée, tout le matos rentré, hilares mais rincés. J'ai passé un mois quasiment à n'écouter de radio que le programme musical des jours de grève radiofrançais et ça ne m'a pas manqué ce sevrage de blabla. Cette France étonnante où on nous explique par le menu les stratégies sportives tout en jetant un voile incompréhensible sur les négociations sociales. On n'a pas le droit aux petites cuisines, nous autres les pékins. On ne voit que le fond de la caverne, pas les marionnettistes. Evitons ce qui fâche.

Avril lance son dernier sprint, profitons-en, avant que n'avance le mois des mais, des questions, des célébrations. Nous sommes en instance d'aventures, des petites, des à notre mesure, pendant que s'agitent les doctes et les (im)puissants, les tireurs de ficelles et de lignes. Nous sortons, tous d'entre nous, d'un hiver qui fut plus triste et bousculé que d'habitude, jaillissant de la terre comme des primevères, essorées les larmes amères, cherchant la chaleur familière du soleil, du désir, de l'envie, du plaisir… Et qu'importe si les temps sont sévères et nos bourses étiques. On va faire avec…

pour faire à cette année la nique…

Bien à vous

PP

PS: Une reprise printanière avec quelques idées nouvelles... Avis à la population. Loin de Troie se propose dorénavant en théâtre d'appartement. N'hésitez pas à nous contacter si vous êtes intéressés. Nous recevrons également en résidence de création la Cie CES DAMES DISENT pour le spectacle l'Affaire Jeannette. Sortie de chantier le 3 mai à 19H. Ne pas oublier aussi BLING! ni les JOYES DU MARIAGE qui reprennent du collier avec un plaisir non dissimulé.

lundi, mars 30 2015

Le fracas des pertes

Une période bien bousculée qui nous échoit. On dirait que le monde vibre à notre rythme. Ou peut-être est-ce nous qui nous sommes mis au diapason. Le crash, les massacres, les élections, la soi-disant « colère » des électeurs dont on fait des lemmings éperdus, égarés, qui n'attendent plus que le joueur de flûte à talonnettes pour se regrouper en rangs serrés avant que la fille du borgne ne les prennent dans ses filets. L'indigence des récits qu'on nous fait. Cet affolement des notables qui perdent leurs prébendes et considèrent que le monde finit avec eux….

Les électeurs que je connais sont plutôt proches de la déprime que de la colère et ce n'est pas pour cela qu'ils votent comme des bourrins. Non, ils essaient de trouver un semblant de raison, une esquisse d'espoir, ils font « leur part »et pourtant ils se situent dans la population qui s'est le plus appauvrie ces dernières années.

Notre problème à nous c'est que la gauche tape sur la gauche et vice-versa. Et cela depuis l'arrivée de Hollande, pour des raisons autant de cuisine électorale que de désaccords de fond. A quoi ça sert de faire des congrès si c'est pour ne pas finir d'accord sur un programme minimal ? Le clientélisme nous tue, les lobbys nous étouffent, collectivement, réellement. Oui, on peut vraiment haïr cette caricature de débat politique. Oui on peut vraiment craindre de se retrouver dans la France éternelle, la France glauque de Vichy, celle de la fin des années 30, celle des guerres de religion, celle qui n'a rien appris rien compris. Nous y allons tout droit. Andreas Lubitz a de nombreux émules dans le paysage politique français.

Enervant. Pour autant, ce n'est pas le plus important loin de là. Il y a autour de nous des détresses intimes, des maladies, des ruines à côté desquelles le reste parait bien dérisoire. Et pourtant c'est dans le cadre tracé par nos politiques des dernières années qu'ils se déroulent. Le service public de santé et la façon dont il est organisé nous touche au plus profond un jour ou l'autre. Le rendez-vous est inéluctable. La façon dont est organisée l'économie, le montant de nos revenus et de nos indemnités, ce n'est pas que du beau discours, c'est tous les jours qu'ils nous affectent. Dans le grand-guignol tribunicien, on semblerait l'oublier et pourtant, malgré tout, c'est là que ça se joue. Il serait peut-être temps qu'on en prenne conscience et qu'on revienne modestement à un peu de décence.

Lors de mon dernier billet, je vous annonçais que Gérard, notre président d'association était en partance… Il vient de partir, nous laissant désemparés, sa famille surtout, mais aussi, un peu, nous. Un ami très cher qui nous quitte. Il ne fait plus partie de ce jeu dérisoire et pourtant, il y a une économie de la mort, qu'à son tour il alimente.

Ironie de nos vies…

Bien à vous

PP

mercredi, mars 4 2015

Président

La plupart des compagnies de théâtre, que ce soit en rue ou ailleurs, sont structurées en associations loi 1901. Une cote assez mal taillée mais dont la simplicité d'usage nous permet de ne pas trop nous prendre le chou. Comme aucun salarié n'a le droit d'en faire partie, nous sommes amenés à créer des Bureaux de personnes pas directement concernées mais qui nous font suffisamment confiance pour marquer de leur paraphe nos actions et contrats. Sans elles ça ne marche pas. Nous avons donc un trésorier et un président, qui nous a rejoints il y a deux ans. Il se mêle peu de ce que nous faisons, intervient quand nous le lui demandons, signe ce que nous proposons, une crème de président. Il se nomme Gérard Dhotel. Il est journaliste-écrivain, spécialisé dans la presse et la littérature journalistique à destination des ados.

Si je vous en parle ici, c'est que Gérard, notre président, navigue péniblement entre la vie et la mort, terrassé par un cancer de gros fumeur extrêmement virulent, lui qui ne fume pas et ne l'a quasiment jamais fait. Si je vous en parle ici, c'est que je tenais, alors qu'il fait un pied de grue pénible sur le quai de départ, prêt à partir à tout moment, à lui rendre un hommage vibrant pour sa présence, sa fidélité, sa disponibilité et, à travers lui, à tous ces président(e)s et trésorier(e)s dont la confiance et l'enthousiasme permettent à nos structures de fonctionner, à nos démarches de s'épanouir. Je suis sûr que nombreuses seront les compagnies à partager ce point de vue.

En ce qui concerne Gérard, après avoir été rédacteur en chef du journal Turbule, puis du Monde des Ados, il s'est lancé dans l'écriture de livres de sensibilisation auprès du lectorat jeune (mais bien au-delà aussi) sur des sujets souvent graves, parfois brulants. Dans la collection “Ceux qui ont dit non”, il a écrit Victor Schoelcher : “non à l'esclavage” et a participé aux deux ouvrages collectifs Non à l'individualisme et Non à l'indifférence . Il est également l'auteur, entre autres, de La Révolution à petits pas , Israël-Palestine : une terre pour deux (pépite du documentaire au Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil en 2013), Droits de l'enfant, droit devant ! en partenariat avec l'Unicef , Algérie 1954-1962, la sale guerre et, dernièrement, Comment parler de l'Islam aux enfants . Comme vous pouvez le constater des sujets parfois très chauds dont il se sort brillamment en en faisant de véritables ouvrages d'intelligence et dont je ne saurais trop vous recommander la lecture quel que soit votre âge. Ce qui m'a frappé dans leur lecture est que ce sont de vrais livres de journaliste : il s'agit de donner les éléments pour comprendre, sans a priori, avec respect et vigilance. A l'heure où nombreux sont les journalistes et surtout les organes de presse qui vendent bien davantage de l'info, - sensationnelle de préférence- qu'ils n'informent vraiment, l'éthique de Gérard se pose en référence.

A part ça, un homme charmant, féru de bonne chère, bosseur sans se prendre au sérieux, amoureux de la vie (et de ma sœur aussi). Il était ami de Tignous, connaissait bien Charb, Cabu, Bernar. Nul doute qu'il sera bien accueilli s'il s'en va. Et nous sommes de tout cœur avec lui, dans ce combat qu'il mène pour se préserver un avenir ici, lui pour qui l'avenir et la transmission aux nouvelles générations ont toujours été la première mission. Partant du principe qu'un hommage est toujours plus intéressant quand celui qu'on célèbre est vivant, je ne voulais en tous cas pas le laisser partir sans lui dire et vous faire partager, notre gratitude pour ce qu'il a fait et été pour nous : notre Président.

Bien à vous
   PP

lundi, janvier 26 2015

culture et déconfiture...

On prononce peu le mot mais, dans les soubresauts violents qui affectent notre pays, c'est bien de culture qu'il s'agit. Lors des attentats, c'est bien une culture de l'irrévérence et de la caricature qu'on a voulu punir, réduire, bâillonner, et une culture du judaïsme qu'on a voulu persécuter. Et c'est bien une culture de l'ouverture, de la solidarité, de la fraternité, du droit à la parole et à l'effronterie, du vivre-ensemble tolérant et de l'amour de la paix qui fut revendiquée dans les rues lors des manifestations monstres qui s'en sont suivies, tous ces concepts qui sont aux fondations de la république et dont nous semblions avoir oublié la teneur.

Par la suite, c'est bien d'un fossé culturel dont nous nous inquiétons, fossé qui s'est installé au fil des années sans que personne ne fasse mine de s'en inquiéter malgré les mises en garde des lanceurs d'alerte. Non pas un fossé séparant les détenteurs d'une culture estampillée des pauvres démunis qui en sont privés. Non. La faille est d'entre une vision culturelle commune et qui fait société, avec d'autres visions qui sont d'autant plus virulentes qu'elles sont réductrices… fondamentalismes divers, extrême-droite, complotismes, qui se sont installées subrepticement chez ceux qui se sentent exclus –d'une manière ou d'une autre-, encouragées par des manipulateurs cyniques.

Il y a bel et bien eu 20 morts lors des attentats de janvier et on aurait tort de considérer les trois criminels comme des aliens. Ils sont nés en France, sont passés par l'école publique, ont été accompagnés par le service public ; ce sont, qu'on le veuille ou non, des enfants de la République. Et on s'interroge donc à juste raison sur la faillite avérée dans la transmission des valeurs, en cherchant des remèdes… qui seront forcément culturels.

Or, par ailleurs et dans le même temps, cette culture dont nous parlons subit, - en particulier dans le domaine du spectacle vivant-, une remise en cause financière extrêmement violente : établissements, festivals, manifestations, on n'a jamais vu une telle accumulation d'annulations ou de restrictions dans une même période. Même si le ministère a beau jeu de déclarer qu'il ne baisse pas son budget culture ou très peu, le fait est là et repose principalement sur l'hémorragie des dotations dont sont affectées toutes les municipalités et des choix qui s'en suivent.

Il est délicat, voire risible, de s'interroger sur la taille des filets au moment où le bateau coule, et pourtant on aurait tout intérêt à s'interroger sur cette fragilité de nos institutions culturelles au moment où icelle,- la culture-, est particulièrement mise en exergue dans nos problématiques civilisationnelles ; se demander si cette « mise en Culture » intensive et gaullienne qui fut enclenchée avec la création du Ministère de la Culture n'aurait pas quelque chose à voir avec la façon dont l'agriculture intensive fut mise en route à peu près dans la même période : on se préoccupe bien davantage de ce qui pousse que du terrain sur lequel ça pousse , -quitte à l'inonder d'engrais azotés (les subventions)-, on consacre ses finances à améliorer la productivité de certaines semences (l'excellence) au détriment de la diversité, on professionnalise à outrance le métier quitte à émonder tout un tas de passerelles sociales qui accompagnaient cette activité etc etc… toutes décisions qui semblaient logiques et efficaces mais qui finissent par aboutir à une sorte de culture sur moquette où plus rien ne peut pousser sans apports extérieurs avec les dommages qu'ils impliquent…

Comparaison n'est pas raison, certes ; mais on pourrait avoir intérêt à se pencher sur les concepts qui fondent la notion de « permaculture », à savoir que, dans l'histoire, c'est le terrain qui est important. Tout comme un champion n'arrive jamais seul et repose en grande partie sur la qualité des pratiques amateures, un artiste émerge d'un terreau vivant, il est l'aboutissement d'un processus d'échanges, et de pratiques intenses, comme le légume qui dépend de la vie qui anima son sol. L'excellence nait moins de procédures concurrentielles que d'une dynamique collaborative qui fait du talent de l'un l'aboutissement du travail de tous. De même que pour la pensée, l'industrie ou l'agriculture, c'est la qualité du milieu qui fait l'émergence, c'est le « tous » qui fait le « un ».

Ce n'est pas nouveau. Mais ce n'est pas non plus ce qui fonde nos politiques, toutes cramponnées qu'elles sont à cette constante macabre et délétère qui régit nos rapports et au clivage pernicieux qui en découle.

Mais c'est peut-être le moment de s'y mettre.

PP

samedi, janvier 10 2015

irrévérence

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jeudi, janvier 1 2015

Tous nos voeux (dans le même panier ?)

Il y a des gens qui croient au Père Noël, il y a aussi des gens qui croient au nouvel an. Nous en faisons partie. Bien forcés. Ce qui nous permet d'imaginer, d'espérer, d'envisager, de pouvoir se lever, de tenir notre place dans l'humanité. Ce qui nous permet aussi de pouvoir enterrer la vieille année, et les déconfitures qu'elle a hébergées, les soucis, les déceptions, les douleurs en même temps que ces petites choses fragiles qui l'ont rendue précieuse, parfois délicieuse. On enterre donc, et joyeusement. Assez bizarrement, dans nos rituels d'occidentaux, cette année qu'on enterre n'a pas de forme, pas de représentation, il n'y a pas de dépouille qui la représente, contrairement au carnaval. Ça serait pourtant drôlement intéressant à imaginer, le cadavre d'une année, et ça vaudrait le coup de la momifier, pour pouvoir comparer. Certes on a droit à des portraits, des statistiques, des tableaux de chasse, des revues de médailles, mais ça nous appartient si peu, personnellement. Non, l'important reste de consacrer tout notre allant à l'accueil de ce nouvel an qu'on nous présente comme vierge, évidemment, alors qu'il est déjà codifié, encadré, dessiné, pratiquement achevé sans qu'on y ait encore posé le pied. Une baraque déjà vermoulue, un train fantôme plein de chausse-trappes dans lequel il ne nous reste plus qu'à embarquer, portés par la grande amnésie collective de circonstance, en espérant que ça va bien passer. On quantifie le temps, on le passe à la toise, avec l'illusion de pouvoir effacer l'ardoise. Macache. Du coup, j'ai parfois du mal à participer à cet avènement forcé. Sachant que toute occasion de festoyer n'est pas à négliger, pourtant. Et puis, souhaiter est une activité saine, peu polluante, au bilan carbone respectable et, comme dit l'autre, ça ne mange pas de pain. En outre, la célébration de la nouvelle année est à peu près la seule fête qui réunisse l'ensemble de l'humanité toutes croyances et latitudes confondues, même si de façon différée. Je pose donc la question : quel mal y-a-t-il à se faire du bien ? Une question à laquelle je vais bien me garder de répondre -et pourtant des réponses il y en a-.

Ordonc, fort d'une année 2014 absolument incomparable (et pour cause), je nous souhaite une année 2015 toute joyeuse et guillerette, délestée de la Sainte Crinité des 3 C (Croissance, Crise et Chômage) , intellectuellement débridée, amoureusement voyageuse, pauvre en besoins et riche en partages, en envies, en fantaisie. Avec une pensée pour ceux qui ont quitté le train brutalement pour rejoindre le grand magma des mémoires. Et avec un sourire de bienvenue pour ceux qui vont se pointer.

Bien à vous

PP

lundi, décembre 15 2014

les CROISADES à la CON

à force de vouloir réagir dans tous les sens, sur tous les fronts, on s'égare dans des croisades inutiles et on offre à des tas de margoulins l'occasion de briller à peu de frais...

  • le TRAVAIL DOMINICAL: franchement, passer de 5 dimanches à 12, ça concerne combien de personnes, 500 ? et où est le problème ? les dimanches sont tristes par définition. Là où il y a problème c'est la considération du commercial comme élément primordial de notre société. Là il y aurait à gloser...
  • les CRECHES de Noël MUNICIPALES: un boulevard offert aux faisans de tous poils. Qu'on puisse, au niveau local, s'interroger sur l'utilisation du budget communal à une représentation d'inspiration religieuse, la question est légitime. Elle ne doit pas sortir de ce cadre là.
  • PAS DE CULTURE SANS ARTISTES: une vision totalement rabougrie et de la culture et des artistes. C'est d'une tristesse et d'un corporatisme sans nom. La culture est un humus faite de langues de coutumes de gastronomie de liens inter-humains, de récits, qui n'a pas besoin particulièrement d'artistes mais en favorise l'éclosion. Cette dérive du culturel au cultuel nous dessert collectivement. Inventons des slogans qui nous touchent vraiment plus tôt que d'invoquer cette sacrée "culture" qui ne représente qu'un pré carré pour un tas de pontes plus ou moins auto proclamés. "Les artistes rendent la vie moins triste" ou "plus vivante" ou "moins grise". "SANS L'ART et les ARTISTES la VIE MANQUE DE GOÛT". Pensons permaculturel, terreau, biotope. Réinventons la notion de subvention qui s'avère le plus souvent ressembler aux nitrates dont on empoisonne nos sols et notre créativité. Au lieu de quoi on voit défiler la langue de bois prônant une simple activité professionnelle, un secteur tristoune qui se goberge de lui-même sans la moindre petite once d'imagination. Triste vitrine...

Ce petit coup de gueule posé, que ceci ne nous empêche pas de profiter de cette dernière ligne droite avant les fêtes... que nous vous souhaitons chaleureuses, imaginatives et pleines d'amour.

PP

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