Une expédition épique au festival d'Aurillac, dédié cette année à la performance artistique.
Dans le genre, on a été servis.
Nous sommes arrivés avec trois spectacles, dont la Ménagerie, plutôt encombrante et qui a nécessité la location de deux camions. Les deux autres, Joyes du Mariage et Madame Tantale, étant heureusement beaucoup plus légers.
Aurillac, selon les mots mêmes de son directeur artistique, est une foire, joyeuse, imprévisible, surprenante, saturée de spectacles et de compagnies (570 cies cette année dans le off). Autant dire que le fait d'y présenter un spectacle est une entreprise à haut risque et sans garanties aucunes d'une efficacité commerciale et/ou artistique.
Nous avions choisi de jouer la Ménagerie des Coincés du Coeur en matinée et ne pûmes jouer qu'à une seule reprise par jour. Malgré quelques petits ennuis de sono, nous avons fait trois représentations en progression constante devant un public attentif, dérouté par cet aspect inattendu de notre démarche artistique, bousculé par les thématiques abordées, intimes et un peu glauques, étonné par les dispositifs scénographiques utilisés.
On nous l'a dit, nous l'avons vérifié, la Ménagerie n'est pas un spectacle facile, ni vendeur. Il exige du spectateur une disponibilité et une ouverture loin d'être évidentes pour tous. Au résultat, une petite partie de spectateurs véritablement bouleversés et enthousiastes, et une autre, plus vaste, partagée entre l'intérêt, l'inconfort, ou parfois le doute.
Nous voulions témoigner d'une facette artistique différente et, de ce point de vue, ce fut un succès. L'engagement des comédiens fut important et esbroufant. L'équipe technique (Smooz, Boualem, Véronique) a été omniprésente et efficace. Nous aurions simplement souhaité avoir une meilleure lisibilité dans ce contexte très surchargé d'Aurillac.
Par ailleurs, les Joyes du Mariage, pour leur quatrième passage à Eclats, ont retrouvé un public fidèle autour de cette deuxième saison, et parfaitement tiré leur épingle du jeu.
Déception par contre pour Madame Tantale qui a cumulé problèmes d'horaires, de situation, d'acoustique et aura rencontré très peu de public.
Bilan mi-figue mi-raisin et, pourtant, nous avons mis -au sens propre- le feu, sur le chemin du retour, l'un de nos camions ayant brutalement pris feu et occasionnant un bouchon de 17 km sur l'A71. Eh oui, c'était nous. Désolés. Pas de dégats humains, mais une partie des décors de la Ménagerie qui est partie en fumée...


Comme le disait un ancien président: les emmerdes, ça vole en escadrille.






Pendant la crise, les rêves continuent...








