EDITAL DECEMBRE 2008
Sécurisation et perfectionnisme nous tuent lentement. Les études, indispensables et traitées pourtant par dessus la jambe. Pour autant, la "diplomite" ambiante devient moteur d'exclusion et d'aberrations..
Les interminables parcours studieux qu'on impose à tout impétrant avant de remplir n'importe quelle fonction - et l'on sait que leur fonction essentielle est de retarder au maximum l'entrée des jeunes sur le marché du travail- font des bons élèves seulement, pas nécessairement de bons professionnels...
Le terrible c'est qu'à partir du moment où un cursus a été imposé pour occuper une fonction, ce sont ceux-là mêmes qui en ont souffert qui le défendent le plus ardemment: dès fois que ce pourrait être plus simple pour les autres, quelle injustice!
Le terrible également est que quand, après avoir investi tant de temps et d'énergie, on s'aperçoit qu'on s'est trompé de voie, on n'ose plus en changer.
Une vie c'est combien de métiers, désormais ?
C'est comme ça qu'on se pourrit l'avenir et qu'on se prive d'énergies précieuses. Parce que, les études coûtant cher et requerrant une docilité importante, cela favorise encore plus les fils et fifilles à papa au détriment de ceux d'en bas.
Ma copine Fatimah, pourtant fort diplomée, a perdu 20kgs à préparer l'ENA tout en gagnant sa croûte. Elle a dû abandonner.
Des bonnes études sont nécessaires mais certainement pas tout d'un bloc. Ce pourquoi l'idée d'un crédit études tout au long de sa vie professionnelle était une excellente idée. Ce pourquoi il n'était pas absolument crétin de dire que 2 ans d'études suffisaient pour s'occuper d'enfants en bas age. Désolé m'sieurs dames!
Le grand problème de l'Education Nationale c'est qu'elle est bourrée de bons élèves. Une horreur pour les cancres qui n'y peuvent trouver aucune compréhension. Encore pire, les enseignants y sont soumis à un régime qui maintient ce statut de bon élève, avec des notes, des appréciations, des exercices infantilisants parfois. Terrible, la situation dans laquelle sont laissés les jeunes instits quand leur premier poste se passe mal! Où sont les DRH ?
L'enseignement comme de très nombreux métiers sont des disciplines qui ont besoin d'être réinventées au jour le jour... on nous les fossilise.
Je fais partie d'une profession dans laquelle il n'est pas besoin de diplomes pour entrer, ni de faire partie d'un clan. C'est notre chance immense et notre richesse. Pour autant, j'en connais que ça démange, de bétonner l'accès...
Sécurisation et perfectionnisme ! la sécurisation accentuée de tous les lieux publics, notamment de culture, nuit gravement à icelle. Ces boites magnifiques avec gradins mobiles, scènes mobiles et tutti quanti restent et resteront, malgré le soin et les moyens importants qui leur ont été consacrés, nettement moins accueillantes et inventives que les simples friches, ouvertes à tous usages, à tous vents et délires, dont nous sommes friants... Nous avons davantage besoin de trous que de murs.
Pas besoin de diplome pour faire un homme politique, mais que de murs à franchir!
Encombrés que nous sommes de préjugés de règles et de procédures, chez nous, effectivement, Obama aurait dû patienter sur trois générations, 20 ans de militantisme acharné et de grenouillage au jour le jour pour commencer à percer.
Si j'interroge Lalangue sur les élections au PS, je m'aperçois avec effroi que Martine Est (martinet) là pour remettre de l'ordre, le parti à l'a(u)bri, et la laine et son égo dans sa pelote. L'inconscient parle tonitruant en ces temps! Pour reprendre ce titre lu dans la presse et qui m'a fait bien rire "Yes chicane!"
Je le dis: nous avons besoin de bordel -et surtout pas de maisons closes-, comme le poumon a besoin d'air. Qu'on nous veuille du bien mais à dose mesurée. Et si la déréglementation avec laquelle la droite nous bassine tant profitait à d'autres qu'aux nantis ?
Après "Martine au PS", "Bibi Fricotin sauve le monde". Lorsque j'étais petit, je dévorais les aventures de Bibi Fricotin, un titi débrouillard, hyperactif, qui se tirait de tout. Du genre de celui qui s'agite chez nous. Sauf que ce dernier a mis un tel talent à savonner sa planche en début de mandat, collectionnant les décisions absurdes en contradiction totale avec ce que la situation demande, et continuant quand même et faisant des cadeaux sans aucune vergogne, et faisant le fiérot, que je me dis "Halte là! ce n'est plus Bibi...
c'est Mimi Cracra!"
En attendant les patrons français sont désormais les mieux payés.
Le Père Noel existe bien, mais pour un nombre de souliers fortement contingenté.
Portez-vous bien PP
lundi 1 décembre 2008


Des photos d'Alessio, premier fils de notre ami Paolo & de sa belle Gabrielle
Bon. Donc une crise est née en octobre qui n'est pas près de mourir, parait-il. Assisterait-on à la fin d'une croissance dopée artificiellement par les acrobaties financières, ou, mieux, au début d'une décroissance ??? 
Ils nous ont frimé avec leurs salaires, leurs diplômes, leurs bagnoles,
leurs indécentes stock-options, leur train de vie, leur vision du monde
tellement supérieure à nous, les rampants, et les voilà penauds avec un
coup de grisou dans les dents. La bulle internet avait éclaté. La bulle
financière y passe à son tour.
Entretemps, ils auront joué avec les postes, les salaires, les
délocalisations, jonglé sereinement avec la vie de millions de gens, sûrs
qu'ils avaient raison, qu'ici se trouvait la solution. Et boum.
Comme dit Martin: "A la rentrée, il faut s'essuyer les pieds"
Mais pas sur un paillasson.
Adoptez un hérisson!
A nos pieds, la poussière des tournées, qui se sont fort bien passées, des interventions, des ateliers et quelques vacances aussi, avec débranchement conséquent d'avec l'actualité, hormis le "Beijing 2008" qui, finalement, ne manquait pas d'intérêt.
Peu appréciés souvent par les experts ès arts & culture, les officiels, les doctes, les spécialistes avérés et les journalistes spécialisés, les Arts de la Rue ont cette particularité que, plus que d’autres, ils se voient fréquemment questionnés tant de l’extérieur que dans leurs propres rangs sur ce qu’ils sont vraiment. Après « Théâtre de rue » qui semblait trop restreint, la profession pensait qu’avec « Arts de la rue », appellation ô combien généraliste sauf par son topisme, elle allait pouvoir s’installer durablement. Que nenni ! Voilà que se bousculent de nouveaux définisseurs avec des notions aussi séduisantes que « art contextuel » ou mieux « art en contexte réel », nouvelles définitions qui répondent évidemment à de nouvelles questions, souvent pertinentes. Il est de bon ton actuellement de dépriser les grands messes, les festivals et fêtes artdelaruesques au prétexte que ce n’est plus de la rue, mais un espace devenu codé pour la circonstance comme le sont les salles et temples de la culture. Tout comme on déprise la convocation à un spectacle au profit de l’irruption dans le quotidien, la surprise, l’achoppement ou, au contraire, du lent accompagnement, de l’apprivoisement. C’est dire d’un côté que la forêt n’est belle que vierge, et de l’autre que la culture aussi a besoin de labours et de semis. Ce n’est faux ni pour l’un ni pour l’autre. Les vaticinateurs peuvent ainsi brillamment vaticiner et c’est tant mieux pour eux.
Pour autant, il serait bon de ne pas oublier que si nous, les acteurs « de rue », sommes allés dans la rue c’est d’abord et tout bêtement parce que la porte était ouverte. Que l’espace public est surtout, tout sur-signalisé qu’il soit, un immense terrain de jeu. Un terrain où chacun peut jouer sans avoir à montrer patte blanche, à la seule force de ses talents, son travail, ses désirs et son imagination.
Terrain de jeux, terrain du « je » et du « nous », l’un et l’autre se tricotant des aventures artistiques où le regard est aussi créateur que le reste.
Il est aussi de bon ton d’opposer art réel et « entertainment », culture et animation, en daubant l’un pour mieux célébrer l’autre, ce qui ne rend service, in fine, ni à l’un ni aux autres.
A cette heure de l’été, où les festivals rivalisent d’affiches alléchantes pour attirer le touriste, il ne faut pas oublier que ce que nous apportons d’abord c’est de la chair, de la voix, de la proximité.
C’est en été que fleurissent les mille couleurs des arts de la rue, même si nous travaillons sur d’autres saisons, et d’autres occasions. Quelle que soit notre culture, notre intelligence, notre ambition, la pertinence de notre démarche, la rue dans laquelle nous nous retrouvons, public et artistes mêlés, est et doit rester, surtout, un grand bac à sable.
Il est terrible que certains mots aient pris une telle allure de slogan ou d'imprécation qu'ils ne sont plus proférés que par les pâles guignols de nos JT.
Ainsi de la démocratie, dont nous sommes tellement rassis que nous la voyons s'effilocher sans bouger. Elle est si fragile la paix civile qui permet de se
cotoyer sans s'assassiner! elle est si frêle la république! Ce mot de république que ce se sont arrogé tant de puissants juste pour geler le jeu.



